La communication du CSE

La communication est sans aucun doute le talon d’Achille des CSE. Tout le monde communique, nous sommes submergés de messages, mais plus personne ne se parle vraiment... le CSE, qui est dans « l’humain d’abord », est un communicant en difficulté permanente.

La communication du CSE est trop souvent inaudible et invisible

Le panneau du CSE ? Souvent trop mal placé voire inutile dans les milliers d’entreprises dispersées sur le territoire. Dans les entreprises où le panneau est bien placé et utile, il est, la plupart du temps, recouvert de trop de messages dont certains sont depuis longtemps dépassés. Manque de temps pour tenir à jour le panneau et usure des élus qui ont l’impression de parler dans le vide. Mettez un post-it jaune fluo avec juste indiqué « la direction nous accorde le pont du 1er mai » et l’information va se répandre en moins d’une heure dans le personnel. Quelle époque ingrate !

La communication du CSE est d’autant plus complexe qu’il y a quatre publics très différents auprès desquels il convient de maîtriser sa communication :
– entre élus,
– avec l’employeur,
– avec les salariés,
– avec les institutions du travail.

Désormais chargé d’une triple fonction(DP/CE/CHSCT), le CSE doit organiser une communication spécifique sur les questions SSCT, dont le CHSCT était chargé auparavant. Auparavant, c’étaient les syndicats qui communiquaient sur les questions « DP ». Rien ne leur interdit, bien évidemment, de continuer à le faire, mais il incombe aussi au CSE de le faire.

Les élus du comité donnent une certaine importance à leur action, ils y consacrent du temps qui empiète sur leur vie privée et ils se désolent que les résultats de leur communication soit si faible. Celui qui communique au nom du CSE fait partie des responsables du CSE : du Secrétaire au Trésorier en passant par l’éventuel responsable d’une commission. Il se dit « j’ai une information à faire passer », il rédige son texte et le diffuse sans se poser les bonnes questions. Parce qu’il croit, naïvement, que les destinataires de cette information sont aussi préoccupés que lui de son importance. Or, c’est rarement le cas. C’est pourtant l’émetteur d’un message qui est responsable de sa mauvaise réception et non l’inverse.

Communiquer avec les salariés

C’est bien sûr les salariés qui représentent votre principale « cible » de communication. Ce sont vos électeurs, vous leur devez donc un compte rendu régulier de mandat. Une fois par an au minimum rappelez ce que vous avez réalisé et dont, souvent, ils ne se souviennent déjà plus. Le salarié est aujourd’hui un consommateur. On peut le regretter, mais cela ne sert à rien de le déplorer. Il faut donc qu’une partie de votre action soit destinée à leur « consommation ». C’est en passant par cette étape que vous pourrez les entraîner dans des actions ou des réactions moins spontanées (actions sociales, actions solidaires, réactions socioprofessionnelles).

Rien ne remplace le face à face avec les salariés.

Paradoxalement, dans notre société du 21ème siècle de soi-disant communication, on ne se parle plus qu’à distance et quand on prend le temps de se déplacer et d’aller voir les salariés on entend fréquemment « ça fait plaisir de voir quelqu’un ». Il faut que vous organisiez le partage de l’entreprise, quelle que soit son organisation (tous au même endroit ou dispersée sur le territoire), entre les élus du comité disposant d’heures de délégation. Que chacun soit chargé d’un secteur et d’en faire le tour selon un planning réaliste. La solidarité se perd dans le monde du travail nous disent les psychosociologues spécialistes de la souffrance au travail. Si les représentants du personnel n’en ont pas conscience et n’agissent pas à contre-courant de cela, c’est à vous de vous poser la question : à quoi sert votre triple mandat ?