Vacances et handicaps, c’est possible !

Les vacances, un droit pour tous ?

Pas si sûr pour toutes celles et ceux qui présentent un handicap ou une déficience physique, sensorielle ou mentale. En France, même si les mentalités commencent à évoluer, encore peu de sites touristiques et d’activités de loisirs sont réellement accessibles aux personnes handicapées. Et pourtant, les vacances sont des moments uniques d’échanges et d’intégration sociale pour des personnes qui souvent peinent déjà pour accéder à une formation, un emploi, un logement…

C’est pour remédier à cette situation d’inégalité que l’Association Tourisme et Handicap a été créée en 2001. Son objectif : sensibiliser les professionnels du tourisme à la problématique de l’accès aux vacances et aux loisirs, et mettre en œuvre la Marque Nationale Tourisme & Handicap. Grâce à cette Marque, qui se décline sous la forme d’un pictogramme pour chacune des quatre familles de handicaps (auditif, mental, moteur et visuel) chacun peut s’assurer précisément de l’accessibilité d’un site en fonction de ses besoins spécifiques. A ce jour, 5 276 établissements ou sites touristiques ont été labellisés pour au moins deux familles de handicap, dont 35%, soit 1 700 sites, pour les quatre familles.La plus représentée étant celle pour le handicap mental (93% des sites labellisés), suivie par le handicap moteur (75%), auditif (79%) et loin derrière visuel avec seulement 47% des sites labellisés. Pour Annette Masson, présidente de l’association, « aujourd’hui, le bilan est plutôt positif », mais pour rendre une majorité de sites accessibles, « il va nous falloir encore des décennies ».

De quelle manière les comités d’entreprise sont-ils concernés par le sujet de l’accessibilité aux vacances et aux loisirs ?

Pour les élus de comités d’entreprise la question de l’accessibilité et du handicap se pose par exemple lorsqu’ils organisent des activités pour les retraités et qu’ils doivent trouver des sorties adaptées. Mais surtout, la loi étant plus contraignante sur l’emploi de personnes handicapées, ils seront amenés à gérer plus de salariés en situation de handicap. A l’avenir, quand ils proposeront des activités, sorties ou voyages, ils devront savoir si les sites sont accessibles à tous. Car s’ils ne proposent pas une égalité de traitement entre tous les salariés, cela pourra être considéré comme de la discrimination.

Aujourd’hui, quel bilan faites-vous de ces dix dernières années ?

Aujourd’hui, les mentalités évoluent. La première année, il a fallu pousser les portes, mais depuis deux ou trois ans, ce sont les professionnels qui viennent vers nous. Ils le font pour des raisons humanitaires mais aussi économiques, pour toucher de nouveaux clients, et pour se conformer à la loi-cadre du 11 février 2005 qui stipule qu’à compter du 1er janvier 2015, tous les établissements recevant du public (ERP) doivent être accessibles à toutes les familles de handicap sous peine de pénalités financières. Promulgué en septembre 2014 un décret, l’Agenda d’Accessibilité Programmé (ADAP), offre aux ERP la possibilité d’établir, sur 3 ans, un agenda concernant les différentes étapes de la mise en accessibilité de leur établissement. Le bilan est donc plutôt positif.

Quel conseil leur donneriez-vous ?

Je conseille aux CE de rajouter dans leurs cahiers des charges ou leurs appels d’offres qu’ils ont des personnes en situation de handicap et de préciser quel type de handicap afin de connaître les possibilités des lieux où ils veulent se rendre. Pour cela les élus ont intérêt à prendre contact avec la ou les personnes concernées pour définir précisément avec elle les besoins.

En savoir plus

Tourisme & Handicaps
Tél. :
01 44 11 10 41

Email : tourisme.handicaps@club-internet.fr
Site : www.tourisme-handicaps.org