La mobilité

Les temps de trajet des salariés ne cessent de s’allonger, entrainant stress et fatigue. Le coût du transport pèse sur le budget mensuel des familles. Le surnombre de véhicules est une absurdité écologique. Autant de raisons pour les élus de CE de s’emparer de la question de la mobilité des salariés. En auto, en bus, à vélo ou à pied, le CE accompagne les salariés !

Présentation

La problématique du transport des salariés est une question globale qui touche au pouvoir d’achat, aux conditions de travail, à la qualité de vie, à l’environnement, à la santé…   Aujourd’hui, toutes les études montrent que les attentes des salariés sont fortes : ils sont nombreux à souhaiter faire du télétravail, le covoiturage et l’autopartage sont de plus en plus pratiqués, les services de vélos par abonnement rencontrent un fort succès…

L’enquête CSA pour SalonsCE sur les relations entre les salariés et leur comité d’entreprise, révèle que la question des transports et de la mobilité figure en 6e position des attentes prioritaires des salariés quand très peu de comités d’entreprise proposent des services ou d’aides en la matière. Et pourtant des solutions existent, souvent peu onéreuses, mais peu connues.

Le risque routier, la responsabilité de tous

350 personnes trouvent la mort chaque année en se rendant à leur travail. Le risque routier est la première cause de mortalité dans le cadre du travail.
Parmi les accidents mortels de la route liés au travail, 76% ont lieu sur un trajet domicile-travail et 24% pendant un déplacement professionnel (source : Direction des risques professionnels de la Cnam).
Pourtant, peu nombreuses sont les entreprises à mener des démarches de prévention routière : seulement 19 % d’entre elles ont mis en place des actions en faveur de la sécurité routière (source : association Promotion et suivi de la sécurité routière en entreprise).

• LE RÔLE DU CE
Autant de raisons pour le comité d’entreprise  de s’impliquer autour de la question du risque routier.
De nombreux organismes et associations proposent des actions de sensibilisation.
Pour un coût très minime, les élus pourront faire venir un intervenant qui détaillera les principaux risques, notamment ceux liés à la consommation d’alcool.  Certains proposent même des outils pédagogiques comme une « voiture-tonneau » montée sur vérin dans laquelle chacun fait l’expérience de l’importance de la ceinture de sécurité ou encore des lunettes qui recréent la vision en état d’ébriété (flou, perspectives déformées, champs de vision rétréci).

• SALARIÉS PRÉCAIRES : VIGILANCE !
Les élus devront être d’autant plus vigilants à la problématique de la sécurité routière qu’il y aura des salariés en contrat précaire (stagiaires, intérimaires, contrat à durée déterminée, etc.) dont le nombre ne cesse d’augmenter.

Ces salariés subissent des contraintes plus fortes pour se rendre sur leur lieu de travail : horaires variables, impossibilité de planifier ses déplacements, changements fréquents de lieu de travail etc. En outre, ils sont souvent plus jeunes, manquent d’expérience de la conduite et circulent beaucoup en deux-roues motorisés. Conséquence, une fréquence particulièrement élevée des accidents de trajet chez les stagiaires notamment.

Plan de déplacement d'entreprise, un outil complet

Le CHSCT et le comité d’entreprise peuvent solliciter l’employeur pour mettre en place un Plan de déplacement d’entreprise (PDE) afin d’établir un diagnostic et d’optimiser les déplacements liés à l’activité de l’entreprise.
Le principe d’un PDE est de limiter le recours à la voiture individuelle par le développement d’offres alternatives. Cela permet notamment pour les salariés de réduire le temps passé dans les transports, le coût des déplacements domicile/travail et le risque d’accidents routiers.

Les leviers d’actions d’un PDE sont nombreux: 

  • Favoriser le travail à domicile.
  • Aider les salariés à se loger à proximité de leur bureau.
  • Proposer des services de garde d’enfants sur le lieu de travail.
  • Louer des bureaux partagés dans les agglomérations.
  • Favoriser le covoiturage.
  • Adapter les horaires des salariés à ceux des transports en commun afin d’optimiser les temps de déplacement.
  • Rembourser tout ou partie des abonnements aux transports collectifs.
  • Créer des aires de stationnement pour vélos.
  • Proposer des services d’autopartage afin de limiter le recours à la voiture individuelle…

Lorsque plusieurs entreprises sont situées à proximité, elles peuvent s’associer afin de monter un Plan de déplacement inter entreprises (PDIE).

L’avantage d’une démarche groupée à l’échelle d’un bassin d’emplois ou d’une zone d’activité, c’est d’avoir plus de poids dans les discussions avec les instances régionales. En outre, un PDIE permet d’associer des entreprises trop petites pour avoir leur propre PDE.

Mieux que le télétravail, les centres de télétravail

Pour répondre aux temps de trajets à rallonge de certains de leurs salariés, certaines entreprises ont mis en place du télétravail.

On connaît cette formule, désormais plus de 14% des salariés travaille de chez lui, quelques jours par semaine ou à plein temps, tout en restant connecté à ses collègues via Internet. Une solution qui rencontre un vrai succès.

Plus de 80% des télétravailleurs se sentent plus efficaces, plus concentrés, moins fatigués et moins stressés.
Et du côté des dirigeants d’entreprise s’ils sont 78% à douter de l’efficacité de leurs collaborateurs en télétravail, ils ne sont plus que 41% une fois qu’ils en ont fait l’expérience.

Enfin, près de 48% des entreprises du CAC 40 se sont engagées à réaliser des accords de télétravail avec leurs salariés. Mais le télétravail a ses limites et ne convient pas à tout le monde. Il n’est pas toujours facile d’organiser son temps de travail sans empiéter sur les soirées et les week-ends, on peut souffrir de l’isolement, de l’absence d’une dynamique collective ou du manque de socialisation.

Aujourd’hui, une nouvelle formule réductrice de mobilité, à mi chemin entre le bureau et le télétravail, s’implante progressivement : les télécentres de travail.

Il s’agit d’espaces de travail de proximité partagés entre plusieurs entreprises. On y trouve l’ensemble des services du bureau comme l’accès à Internet, un accueil, des salles de réunions, parfois des services complémentaires de type conciergerie. Les utilisateurs des télécentres sont des employés de grandes entreprises, de l’administration, des PME et TPE, des commerciaux, etc. L’intérêt de ces lieux est multiple, il offre tous les avantages du bureau, mais sans la contrainte des trajets interminables. Enfin, lorsqu’ils sont implantés en zone résidentielle, à l’écart des centres-villes, ils contribuent à structurer une vie de quartier, à favoriser la présence de commerces et de services.

Enquête

Le bien-être au travail commence dans les transports !
Alors que deux Franciliens sur trois considèrent les transports en commun comme une source de fatigue pouvant altérer leur efficacité au travail, rares sont les entreprises qui mettent en place des solutions. Le cabinet Technologia étudie depuis 2010, à travers des enquêtes, les relations entre travail, mobilité et bien-être des salariés. La dernière étude, « Stress et transports », publiée en septembre 2013, met en avant le manque d’implication des entreprises.

Des salariés fatigués par leurs trajets
Pour un peu moins d’un tiers des actifs (28 %), les conditions de transport sont une source de fatigue, d’usure ou d’altération de la santé. Et ils sont une même proportion à considérer que leur temps de trajet à un impact négatif sur leur travail. Cette perception de fatigue et d’usure causée par les transports augmente sensiblement en Ile de France où elle concerne près de la moitié des actifs (46%).

1h30 dans les transports en commun
Sans surprise, la voiture individuelle est le premier mode de transport des français (75 %). Sauf en Ile de France où 60% des déplacements se font en transports en commun, même si 20% des actifs sont contraints de cumuler voiture et transports. L’étude révèle que si les français mettent une demi heure en moyenne pour aller travailler, les franciliens passent en moyenne 1h30 dans les transports en commun.

La passivité des entreprises françaises
Face à la question des transports et aux difficultés que rencontrent les salariés, les entreprises s’engagent encore relativement peu pour leur venir en aide. Seulement 43 % des entreprises se préoccupent des conditions de déplacement de leurs salariés et encore très peu mettent en place de réelles solutions de mobilité. En cas de déménagement, les conditions de transport ne sont toujours pas un sujet de dialogue social. Pourtant, lorsque c’est le cas et que la question des transports a été prise en compte dans le déménagement, le temps de trajet a baissé pour 26% des salariés. A l’inverse, lorsque la question n’a pas été posée, 18% des actifs ont vu leur temps de trajet augmenter.

Les points clés

Les salariés ne connaissent pas toujours leurs droits en matière d’aide au transport. Depuis 2009, l’indemnisation de la moitié des frais de transports publics des salariés, entre leur domicile et leur travail, est obligatoire pour tous les employeurs et non plus seulement pour ceux de la région parisienne. Cette prime s’applique également aux abonnements aux services publics de location de vélos.