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L'insertion par le travail

Plus on est éloigné de l’emploi depuis longtemps, plus les chances de réintégrer le marché du travail diminuent. Pour permettre à ces personnes de retrouver confiance en elles et de reprendre pied professionnellement, l’insertion par le travail a fait ses preuves.

Présentation

Les premières expériences d’insertion par le travail sont apparues dans les années 1960. A l’initiative de travailleurs sociaux, des associations se sont alors constituées pour permettre à des demandeurs d’emploi de longue durée de retrouver temporairement un travail, tout en bénéficiant d’actions de formation et d’accompagnement. La mise en place d’ateliers spécialisés devait leur permettre de sortir des logiques d’assistance et de réduire la marge des exclusions engendrées par le système économique du marché du travail.

L’objectif de l’insertion par le travail : permettre à des personnes éloignées de l’emploi d’être de nouveau jugées comme employables par les entreprises et de réintégrer ainsi durablement le marché du travail. Pour les personnes éloignées de l’emploi, les missions de travail sont un moyen de « remettre le pied à l’étrier » et de reprendre confiance dans ses capacités de travail. Les missions d’insertion permettent d’apprendre, ou de réapprendre, les règles du travail salarié comme le respect des horaires, des consignes de travail, des règles de sécurité, des exigences de présentation de soi, etc. Mais au-delà de cet objectif pédagogique, tous les professionnels de l’insertion évoquent la mission de travail comme un outil de socialisation et de reprise de confiance en soi. Nombreux sont les exemples de personnes physiquement et psychologiquement «transformées» par la reprise d’une activité professionnelle. Des milliers d’hommes et de femmes sont passés par ce type de structures, qui accueillent aujourd’hui près de 300 000 salariés par an.

Quels sont les professionnels de l’insertion par le travail ?

La loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions de juillet 1998 définit le cadre légal de l’insertion par l’activité économique et le rôle de ses différents acteurs dont l’activité première est précisément l’insertion socio-professionnelle. Il existe différents types de structures d’insertion par l’activité économique (SIAE). Toutes appartiennent à l’économie sociale et solidaire et partagent les mêmes valeurs et la même finalité – remettre des personnes qui connaissent des difficultés particulières d’accès à la vie professionnelle, en capacité d’occuper tout emploi relevant de leurs compétences.

• Les associations intermédiaires.

Structures d’insertion par l’activité économique, les associations intermédiaires (AI) dont l’existence légale date de 1987, mettent en oeuvre des contrats de travail pour des personnes en difficulté, afin de faciliter leur insertion sociale et professionnelle. Outil de lutte contre l’exclusion, elles embauchent des personnes sans emploi pour les mettre àdisposition d’utilisateurs (particuliers, entreprises, collectivités locales, associations, etc.) à titre onéreux. Parallèlement, elles assurent auprès de ces personnes un accompagnement social et professionnel afin de favoriser leur insertion dans un emploi durable.

Les tâches confiées aux salariés en insertion leur sont clairement expliquées au préalable par les permanents de l’association intermédiaire. Le premier jour de la mission, ils peuvent accompagner le salarié et le présenter à l’utilisateur. Les rendezvous avec les chargés d’insertion, responsables de L’INSERTION PAR LE TRAVAIL l’accompagnement socioprofessionnel, permettent de faire régulièrement le point avec eux et de résoudre d’éventuelles difficultés. De façon moins formelle, la remise du bulletin de paie à la fin de chaque mois est souvent une occasion de discuter et de voir si tout se passe bien. La réalisation des missions de travail exige des salariés en insertion autonomie et sens des responsabilités : dans le domaine des services à la personne par exemple, les salariés en insertion travaillent le plus souvent seuls au domicile de plusieurs utilisateurs, ceuxci leur confiant parfois les clés de leur maison afin qu’ils puissent venir en leur absence.

En 2008, 42% des salariés en insertion sortis d’une association intermédiaire avaient retrouvé un emploi dont 33% en CDI ou CDD de plus de six mois, 9% avaient été recrutés en emploi aidé et 6,5% s’étaient engagés dans une formation.

• L’entreprise d’insertion.

Positionnée dans le champ de l’économie sociale et solidaire, l’entreprise d’insertion (EI) propose des parcours d’insertion socioprofessionnelle fondés sur une expérience en situation réelle de travail, une formation en situation de production, ainsi qu’un accompagnement individualisé, adapté à la situation de la personne aidée. L’entreprise d’insertion se situe dans le secteur concurrentiel : elle produit des biens et services marchands en vue de leur commercialisation. Entretien et aménagement des espaces verts, bâtiment, récupération-recyclage, nettoyage, activité artisanale, commercedistribution, restauration ou encore activité industrielle, les activités économiques qu’elle développe sont variées et nombreuses.

Les salariés sont recrutés sur un contrat de travail à durée déterminée d’insertion (CCDI) qui ne peut être inférieur à quatre mois. En vue de développer l’expérience et les compétences du salarié, ces contrats peuvent prévoir une période d’immersion auprès d’un autre employeur. Enfin, les salariés peuvent également être employés sur d’autres types de contrats : contrat initiative emploi (CIE) ou contrats de formation en alternance (d’apprentissage ou de professionnalisation).

• L’entreprise de travail temporaire d’insertion.

Appartenant au secteur concurrentiel de la vente de services, l’entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) utilise exclusivement la mise à disposition en entreprise. Les missions réalisées dans des entreprises et des activités différentes permettent d’accompagner individuellement, de redynamiser socialement et de requalifier professionnellement les personnes qu’elle accueille. Cette formule est particulièrement adaptée aux personnes en capacité d’intégrer rapidement une entreprise, auxquelles le marché n’offre pas de postes immédiats en contrat à durée déterminée ou indéterminée. Elle leur offre un volume de travail nécessaire pour préserver leurs acquis et capitaliser une expérience professionnelle, dans l’attente d’une meilleure proposition. Les salariés de l’ETTI sont recrutés sur des contrats de travail temporaire (ou contrat de mission), toutefois par dérogation aux dispositions du travail temporaire, la durée des contrats peut être portée à 24 mois au lieu de 18 mois.

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Les points clés

C’est dans le Code : « L’insertion par l’activité économique a pour objet de permettre à des personnes sans emploi, rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières, de bénéficier de contrats de travail en vue de faciliter leur insertion professionnelle. Elle met en oeuvre des modalités spécifiques d’accueil et d’accompagnement. » Article L.5132-1 du Code du travail.

Les Jardins de Cocagne, un exemple réussi d’insertion professionnelle

Les Jardins de Cocagne - des exploitations maraichères réparties dans toute la France - proposent à des femmes et à des hommes rencontrant des difficultés professionnelles et personnelles de retrouver un emploi. A la clé : se réinsérer dans le monde du travail et reconstruire un projet de vie. Bénéficiant d’un accompagnement socioprofessionnel personnalisé, ces« jardiniers » (salariés en parcours d’insertion) cultivent des légumes selon les règles de l’agriculture biologique. À l’issue de son parcours d’insertion, près d’un jardinier sur deux réussit à intégrer un emploi ou une formation. « Depuis douze ans, les Jardins de Cocagne luttent non seulement contre l’exclusion et la précarité, mais, en précurseurs, ils ont mis en place, et avec succès, une économie solidaire et responsable à travers une commercialisation des paniers de légumes en circuit court, c’est à dire directement du producteur au consommateur» explique Jean-Guy Henckel, le directeur national du Réseau Cocagne. De fait, quelque 20 000 familles adhérentes se régalent chaque semaine dans tout l’Hexagone de légumes cultivés dans un jardin à proximité de chez eux. Fonctionnant en réseau, les Jardins de Cocagne partagent acquis, expériences, outils et connaissances. « Nous créons du lien et de l’activité économique en nous appuyant sur la richesse du collectif », confirme Jean-Guy Henckel.

Les comités d’entreprise s’engagent

Les élus de CE peuvent adhérer aux Jardins de Cocagne. Une manière pour eux d’être « partie prenante de projets utiles pour l’avenir, porteurs de valeurs dans une société en perte de repères et fédérateur pour l’ensemble des salariés » explique Jean-Guy Henckel. Dans cette optique, le réseau Cocagne décline différentes prestations pour les CE : une offre individuelle ou groupée de paniers hebdomadaires, une gestion responsable de leur épargne (souscription à des produits de finance éthique), la participation à des actions d’aide alimentaire pour des familles en difficulté́ (cofinancement du programme « 30 000 paniers solidaires »).

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