La participation

La participation est obligatoire, mais pas toujours perçue…

Il n’est pas rare que des salariés se demandent pourquoi ils ne perçoivent jamais de participation, alors que c’est obligatoire.

Ce qui est obligatoire c’est de calculer le montant de la RSP (Réserve Spéciale de Participation). Il y a deux mode de calculs possibles : soit par l’application de la formule légale, soit en appliquant une autre formule qui doit apporter aux salariés au moins autant que la formule légale. Disons le tout de suite, cette deuxième solution est très rarement observée puisque le but est de verser au moins, voire pas plus que ce que la loi impose. Et l’époque n’est pas vraiment aux cadeaux des actionnaires envers les salariés…

La formule légale est la suivante : (½ Bénéfice net – 5% des fonds propres) x salaires / valeur ajoutée.

S’il n’y a pas de bénéfice, il n’y a donc pas de participation.

C’est notamment le cas de beaucoup de sociétés qui appartiennent à un groupe qui remonte tous les bénéfices à la holding et où un accord de groupe n’a pas été signé pour la participation.

Paradoxalement, plus les actionnaires se versent de dividendes, plus il y aura de participation ! En effet les fonds propres représentent le capital et les réserves constituées par les bénéfices qui sont laissés dans l’entreprise par les actionnaires. Comme on retire 5 % des fonds propres à la moitié du bénéfice net, quand les actionnaires se versent tous les bénéfices en dividendes, ces 5 % sont plus faibles et la RSP sera plus importante.

La loi permet le versement d’un « supplément de participation » par l’employeur. Ce versement permet, par exemple, de verser une participation quand l’application de la loi ne dégage aucune RSP.

Quand doit être signé un accord de participation ?

Un accord doit être signé au plus tard dans les 12 mois qui suivent le terme de l’exercice comptable clos qui a fait naitre une première RSP.

Dans le cas où aucun accord n’a été trouvé entre l’employeur et les syndicats ou le comité d’entreprise, l’inspecteur du travail doit en être informé.

UES

Si le comité d’entreprise est constitué dans le cadre d’une UES (Unité Economique et Sociale), l’obligation de mettre en place la participation s’applique à cette UES dès lors que les entreprises qui la composent totalisent 50 salariés au moins. (L3322-2)

Certaines sociétés à but non lucratif peuvent être soumises à la participation compte tenu d’un régime fiscal particulier.

Deux sujets principaux à négocier

  • Le mode de répartition de la participation : uniforme ou proportionnel au salaire, ou bien encore un mélange des deux. Les hauts salaires vont souhaiter un calcul proportionnel au salaire, les bas salaires un versement uniforme. Ce qui justifie un versement uniforme est que la compétence est déjà récompensée par des salaires plus élevés et que la participation récompense plutôt l’effort. Or, chacun a « mouillé la chemise » autant, de l’ouvrier ou employé au cadre dirigeant, pour que l’entreprise dégage des bénéfices.
  • Le temps de présence pendant l’année de référence (sauf absence pour congé de maternité ou d’adoption, accident du travail ou maladie professionnelle).

Le salarié n’est plus obligé de bloquer l’argent de la participation

La participation n’est plus obligatoirement bloquée 5 ans. Chaque salarié peut demander, dès qu’il en connait le montant et pendant 15 jours, à percevoir tout ou partie immédiatement.

Sur les conditions fiscales et les exonérations de charges sociales, voir dossier « Le plan d’épargne entreprise  ».

En savoir plus

Articles L3321-1 et suivants.